Tout doux comme Doula

Doula Quimpere, Eugenia Corne,
Ma mère était presente pendant les 3 premiers mois de vie de mon premier enfant.

Comment je suis venue à faire ce travail qui est celui d'accompagner les futures et nouvelles mamans? A vrai dire, la vie m'a donné plusieurs occasions depuis très tôt.

Je suis née et grandie au Guatemala, en Amérique Centrale.  Etant petite, à 8 mois, ma mère a du reprendre le travail et un de mes oncles était mon Nounou; José habitait chez mes grands parents encore, il avait 19 ans.

 

Pendant que je grandissait, les jours passés chez mes grands parents, j'ai eu la chance de voir passer du monde.  La fille de la voisine qui avait eu un bébé et ma grand mère lui disait ce qu'elle devait prévoir pour soutenir sa fille.  Les gens venaient présenter ses enfants, chercher du conseil, tant pour ses petits comme pour ses enfants adultes.  Les couples, les célibataires, les familles.  Le quartier, "La Quinta Samayoa" est un quartier de la Capitale où la plus part des familles se connaissent, surtout celles qui habitent dans la même rue.  Et tout le monde savait que chez mes grands parents, on pouvait venir chercher un pain et une assiette chaude; comme du soutien ou bien activer tout un réseau pour des cas plus urgents.

 

Ma mamie, Titica o Doña Paquita, comme elle était connue auprès des Mamans, ainsi que Don Victor, mon abuelito.  Avaient mis au monde 7 enfants et accueilli un enfant laissé abandonné chez eux.  Huit enfants! La première et le dernier, nés à l’hôpital et le reste, à la maison.  Dont, mon oncle Ramon qui es né sans la comadrona (sage-femme) et mon Papy Victor a du la soutenir pendant l'accouchement... 

 

Mon Papy adorait me raconter avec grand fierté, comment il avait fait pour sortir le bébé et que ma Mamie soit bien, rassurée et au chaud.  C'était toujours l'occasion pour lui de me rappeler que ce n'était pas la première expérience en tant qu'accoucheur improvisé.  Que pendant qu'il habitait à Veracruz, Mexique; il a du venir en aide à une femme qui a eu son enfant sur la plage.  

 

C'était une grand famille à la Quinta Samayoa, dans la même rue il y a vait deux grand familles.  Probablement c'est une des raisons pour la quelle, une des voisines avait conseillé a cette femme de venir demander de l'aide à Doña Paquita et l'avait laissé son enfant dans ses bras sans y retourner.  Mon oncle José a était très vite assumé comme un enfant de plus de la fratrerie, soigné et chéri comme un de leurs enfants.

 

Toute mon enfance j'était très proche de ma Mamie, et de mon arrière grand mère.  Avec Mamaurelia, on passait du temps à prendre soin des "Sembrados" (les plantes), trier des haricots noir et autres graines. A la tombé de la nuit, après le cafe et le pain dulce du soir, on devait surveiller la sortie des chenilles qui venaient grignoter les feuilles! Elle avait du temps a ce moment là de me parler de ses observations de la lune, de me dire quand les pluies allaient arriver... Mamaurelia connaissait beaucoup sur les plantes, surtout celles qu'on donne aux nouvelles mamans, pour récupérer des douleurs, pour la montée du lait, les coliques, etc.

 

J'avais huit ou neuf ans quand un de mes Tantes, également ma marraine a eu son troisième enfant. J'étais aux anges! Comme j'étais dans cette maison, pendant tout la journée, j'avais le droit de tout regarder sur lui, les couches, le bébé, comment elle se sentait ma tante Ligia, lui poser des questions, écouter les conversations des femmes grandes quand elles étaient dans la cuisine.  Les conseils de ma Mamie, les choses que Mamaurelia pouvait apporter aussi.  Elles discutaient sur les soins, ma mamie bandait son bassin avec une façon traditionnel, tant que Mamaurelia préparait les infusions et la nourriture.  Elles s’entendaient très bien.

 

Plus tard, mon oncle José, mon Nounou, est devenu papa à son tour, une première fois et puis après une deuxième fois.  J'allais avoir 17 ans tout juste. Ce bébé a faillit naître chez moi! José avait appelé ma maman car la date approchait et ce jour, et comme ils n'avaient pas de voiture, ma mère est allé les chercher et ils sont restés chez moi. Ma tante avait commencé à sentir les contractions arriver le lendemain.  On était a quelques rues de la maison de naissance, ce n'était pas un hôpital, mais un endroit où elle pouvait accoucher et avoir accès à une sage-femme s'il y avait complication, car le bébé était grand.  

Eugenia Corne Jamaril
Décembre 1999. J'avais 18 ans et Oliver 19 mois.

Après la naissance d'Oliver, je me suis installée chez eux pendant les premiers semaines, elle avait accouché d'un beau bébé de 4,5kg et son aîné avait deux ans.  J'ai pensé qu'elle avait vraiement besoin d'aide et ma mère m'a encouragé à venir l'aider à la maison.

 

Pendant ce temps, j'ai fait le ménage, à manger, aller au marché, jouer avec mon cousin et aussi mon plus grand plaisir, endormir ce beau bébé!  Maria Lidia, ma tante était aux anges et moi aussi, essayant de vivre une vie d'adulte selon moi.

 

Après quelques mois de ça, une amie d'enfance de ma mère nous fait part d'une "urgence" dans sa famille.  Une bébé avait besoin du lait, sa maman avait eu un problème de santé grave et toute la famille avait initié une collecte du lait pour continuer à nourrir le bébé avec du lait maternel.  Ma Maman et ma tante Maria Lidia se sont organisées pour y répondre à la demande. 

 

Je voyais comment ma tante avec une technique si habile, était capable de remplir des petits récipients en laissant sortir son lait par quelques pressions sur son sein.  J'étais fasciné par la vue de cette facilité qu'elle avait.  

 

 

En arrivant en France, je portais tous ces récits et bien d'autres dans mes valises.  En voyant comment la situation ici était si différent, j'ai eu peur.  Je me suis demandé au départ comment j'allais faire moi même??? J'ai vu tout ce que les filles ici faisaient en rentrant de l'hôpital. J'ai posé des questions, parfois on me regardait avec les yeux bien écarquillés car c'était si différent ici...

J'ai demandé aux amies: Ta maman vient t'aider? Qui fait le ménage pour toi? Tu restes débout? As tu une Faja? (une ceinture autour du bassin)... Parfois les réponses m'ont déconcerté, car certaines n'avaient pas une relation étroite avec leur mère, parfois c'était plutôt diplomatique et ne voyaient pas d'un bon œil les savoir installées chez eux autant du temps...

 

L'arrivée de mes deux enfants était vraiment différente, une première, avec une naissance traumatique pour moi.  J'ai eu la grand chance que ma mère a pu être là pendant 3 mois.  Et un deuxième bébé 22 mois plus tard, avec una naissance tout en douceur, mais sans aide de retour à la maison.  Il y avait bien sur le papa, qui a un lien très fort avec ses garçons... Mais une fois il partait au travail, c'était dur.  Je pense que là, je vivais et comprenais ce que la plus part des mamans vivaient ici dans ce pays.  C'était très dur! J'avais les douces images dans ma tête, de la présence de ma mère lors de mon premier bébé, comment ses mots m'ont rassuré, comment elle a pu sécher mes larmes de doutes, des angoisses, comment le quotidien pouvait être si différent dans la compagnie rassurante d'une autre femme qui connait la maternité également.

 

Les Mamans m'ont cherché toutes seules, comme si elles savaient quelque chose.  J'avoue que très vite, après mon installation, c'était une évidence pour moi, que d'épauler ces femmes et de chercher à spécialiser ma pratique uniquement pour elles.  Avant d'être mère moi même, je pouvais déjà sentir que ça pouvait être nécessaire une présence de plus, un petit bonus douceur dès l'arrivée du bébé et bien avant.

Je propose aux papas de venir apprendre des gestes de massage, ils se sentent plus actifs dans le fait de pouvoir donner du bien.  

 

Une Maman rêve de être Maman avant de tomber enceinte, parfois ça peut prendre aussi du temps.  D'autres chemins s'ouvrent pour arriver à ce projet, mais tout n'est pas si doux et facile.  Il y a des femmes, des couples qui passent par des nombreux traitements, et là, le soutien émotionnel semble quelque chose d'indispensable.  

 

J'espère pouvoir continuer à soutenir et accompagner toute femme et future ou nouvelle maman qui le souhaite, l'accompagner dans SA Naissance au Monde des Mamans... Bébé est là, Vive Maman!

 

  

Eugenia Corne Jamaril, Eugenia Doula
Eugenia Corne Jamaril, Eugenia Doula

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